Exaspération collective

Il y a dix jours, le gouvernement présentait un projet de décret sur la définition des critères permettant d’évaluer la capacité des personnes en situation de handicap à conserver ou à retrouver un emploi. Ce texte n’aurait dû être que la mise en œuvre technique d’un engagement pris par Nicolas Sarkozy il y a bientôt trois ans  lors de la première Conférence nationale du handicap.

Quelle ne fut pas notre surprise d’y découvrir un article qui va très au-delà de cet objectif. Ce projet de décret  prévoit  qu’au sein des Commissions des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH), lorsqu’une décision concernera l’allocation adulte handicapé (AHH), l’Etat aura toujours la majorité des voix ! Quel que soit le nombre de membres de la Commission présents, un seul représentant de l’Etat pourra décider contre l’avis de tous ! Cette disposition pose le principe d’un Etat à la fois décideur et payeur, totalement contraire à l’esprit de la loi du 11 février 2005. Elle remet totalement en cause le rôle joué par les associations puisque leurs voix ne compteraient plus dans les décisions ! Le message est clair : en fonction des ressources dont il dispose, l’Etat veut pouvoir prendre ses décisions seul et sans contraintes, quels que soient les besoins des personnes.

Profondément choquante, cette disposition a provoqué une réaction sans précédent des associations membres du Comité d’entente des associations représentatives des personnes handicapées et de parents d’enfants handicapés, dont la nôtre. Face au refus d’enlever cette disposition, les associations ont toutes quitté, après quelques minutes, la seconde réunion de concertation organisée par le ministère.

Une telle unanimité conduisant à une action « spectaculaire », est unique en son genre ! Elle en dit long sur notre état d’exaspération, face à des tentatives répétées de remise en cause de la loi de 2005 !


Christian Cottet

The comments are closed.