Diagnostic préimplantatoire : l’horizon se dégage

La vie associative a parfois des allures de prévisions météo. Notre action militante autour du diagnostic préimplantatoire (DPI) en est la meilleure preuve. Après une période orageuse et des perturbations passagères, nous entrevoyons enfin des éclaircies salutaires. 2,8 millions d’euros ont en effet été débloqués, et de premières actions viennent d'être mises en œuvre, pour permettre aux familles qui le souhaitent d’accéder au DPI dans de meilleures conditions et dans des délais plus raisonnables.

Cet acte médical pratiqué par le système de santé français depuis 1999, à titre exceptionnel, permet à des parents porteurs d’une maladie génétique très grave et incurable d’avoir un enfant en bonne santé. Effectué avant la grossesse et très encadré par la loi, il consiste à étudier des embryons obtenus par fécondation in vitro, à identifier ceux qui sont indemnes de la maladie puis à en réimplanter un ou plusieurs dans l’utérus de la future mère. Le DPI permet la naissance de près de 70 enfants par an en France. Mais y accéder est loin d'être facile. Manquant de moyens face aux demandes grandissantes, les 3 centres autorisés à le pratiquer sont aujourd'hui engorgés, et les délais d’attente rallongés au point de décourager les plus obstinés. Résultat, de plus en plus de familles y renoncent. Faute de choix, elles se "rabattent" sur un diagnostic prénatal (DPN) pouvant conduire à une interruption médicale de grossesse tardive très traumatisante, notamment pour des parents déjà éprouvés par la mort d’un enfant ou confrontés à la maladie d’un aîné.

L’amélioration du fonctionnement des centres de DPI est donc devenue peu à peu nécessaire et l’annonce d’un coup de pouce financier et de mesures concrètes sont, à ce titre, d'excellentes nouvelles. Ces annonces sont d’autant plus encourageantes que les centres se sont engagés contractuellement à doubler leur activité en retour. Mais ce rayon de soleil ne doit pas nous aveugler. A l’heure où les services de santé sont compressés de toute part, de nombreuses questions restent en suspens : les fonds seront-ils vraiment utilisés pour le DPI et pour lui seul ? Les hôpitaux résisteront-ils à la tentation d’une récupération partielle des fonds pour combler d'autres besoins financiers ou étoffer leur personnel ? Ces risques nous amènent à la plus grande prudence et à une vraie vigilance. De fait, seules la réduction effective des temps d’attente et l’augmentation de la capacité d’accueil des centres permettront aux familles de choisir sereinement entre DPI, DPN ou naissance sans aucun diagnostic. Car c’est avant tout de cela qu’il s’agit : donner la possibilité aux parents porteurs d’une maladie incurable de choisir, en toute liberté et en accord avec leurs convictions, la façon dont ils poursuivront leur projet parental. C'est notre cheval de bataille. Le seul moyen d'épargner aux familles le traumatisme de nouvelles souffrances.

Christian Cottet

Comments

Je partage cette analyse. Rappelons-nous par ailleurs le rôle que doivent continuer à jouer les familles. Puisque l'administration ne publie aucun chiffre sur les temps d'attente, seuls les témoignages des parents permettront de donner une indication sur la performance des centres à l'avenir. Il est donc important qu'ils continuent de faire remonter à l'AFM leurs impressions et l'informent des difficultés qui pourraient subsister, notamment en cas d'attente trop longue ayant entrainé un changement dans leur choix entre DPI et DPN.

Posted by: OUILLADE | 10/29/2010

On compte sur vous...pour veiller sur l'amélioration de ces Centres. Du DPI, du DPN.
Fabuleux outils d'espoir.
Je trouve ces informations très interessantes cela nous informe des "grands chantiers" ici et hors les murs.
Respectueusement
Isabelle MAHAUT

Posted by: MAHAUT | 10/29/2010

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