Thérapie génique : un sport de haut niveau !

La recherche médicale est un sport d'équipe de haut niveau. Tous les ingrédients sont là : des efforts collectifs, de l’émulation, des règles du jeu, des victoires, des défaites aussi parfois ! Et lorsqu’on parle de thérapie génique, cela devient même un sport national dans lequel « on est les champions ». Comme le soulignait d’ailleurs un journaliste britannique du TIMESONLINE en novembre dernier : “why is it that France so often seems to lead the way here?”. En effet, les équipes françaises ont offert à la médecine trois succès majeurs de la thérapie génique : elles ont ainsi guéri des bébés-bulles, soigné des enfants dont le cerveau était progressivement détruit et publié, le 16 septembre dernier, les résultats spectaculaires d’un traitement pour un jeune malade atteint d'une maladie du sang, la béta-thalassémie. Ces victoires ne sont pas nées du hasard. Comment les expliquer ? Par l'excellence des chercheurs et médecins français, sans aucun doute. Par la qualité de nos instituts de recherche et centres hospitaliers, évidemment. Mais aussi par un contexte très favorable. Parce que une association de malades, soutenue par le grand public, s’est battue pendant des années pour faire émerger ces thérapies innovantes issues de la connaissance des gènes. Avec une conviction chevillée au corps : il est possible de guérir des maladies génétiques jusqu’ici incurables et, pour cela, il faut innover et persévérer malgré les revers et parfois contre l’opinion dominante ! Personne ne peut le nier : la détermination et la conviction sont contagieuses. L'avance prise par la France y puise sans doute une partie de ses origines. Car une équipe portée par son "public" et soutenue dans la durée est toujours plus apte à gagner…

Laurence Tiennot-Herment

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Comments

Je ne peux qu'aller dans le même sens que Laurence, et pas forcément concernant seulement la thérapie génique, même si ce domaine est exemplaire. Après tout, nous sommes un petit pays, avec une économie pas plus solide que celle des autres, mais avec une tradition de recherche solide (C. Bernard, L. Pasteur, mais aussi J. Monod, F. Jacob et tant d'autres). Clairement, les associations, et l'AFM en premier, sont des moteurs puissants : financiers certes, mais aussi de prise de conscience par la population du besoin de solidarité, et comme pont entre nos chercheurs, parfois talentueux en recherche mais rarement en communication, et les Français. Et ces derniers jusqu'à présent semblent plus apprécier de soutenir la recherche via ces associations plus ciblées (encore que la cible de l'AFM, les maladies rares, est particulièrement large) qu'au travers d'impots impersonnels. Je trouve que c'est tout à notre honneur, c'est peut-être un pan de culture française qui a été relancé par l'AFM et les autres, alors gardons notre culture. D'autres pays utilisent d'autres façons de faire, mais on ne peut pas comparer non plus Voltaire, Balzac et Camus à Shakespeare, Byron ou Tolkien. C'est juste différent et très bien comme ça !

Posted by: vincent Mouly | 10/15/2010

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