Maladies rares et industrie : noces de papier !

Le groupe biopharmaceutique Shire et la société de biotechnologie Acceleron Pharma viennent de s’unir pour développer et commercialiser la « molécule phare » d’Acceleron, - l’ACE 031. Aussi anodine qu’elle puisse paraître, la nouvelle de cette « union » est, en fait, fortement symbolique. En débouchant sur un essai clinique international de phase 2-3 chez des malades atteints de myopathie de Duchenne, cette collaboration laisse en effet entrevoir une commercialisation du médicament à l’échelle mondiale ainsi qu’ une implication de malades français dans l’essai.  Plus encore, ce mariage de raison est un signe des temps. Fini l’indifférence, voire le désamour des industriels pour les maladies rares ; place aux stratégies de conquête et aux contrats de mariage. Les « big pharma » (GSK, Pfizer, Roche...) investissent désormais sur le front de ces pathologies. Elles reprennent le développement de produits initialement mis au point par des start-up innovantes, créent des entités dédiées, etc. Un phénomène inimaginable il y a encore 10 ans, auquel l’action de l’AFM a amplement contribué. Ceci dit, ne tombons pas dans l’angélisme. Les « Big Pharma »  s'aventurent là où le retour sur investissement est patent. Rentabilité oblige. Résultat ? Elles sont toujours absentes des premières phases de développement des traitements (du préclinique à la phase 1) et sur le front des thérapies innovantes (thérapie génique, thérapie cellulaire). Dommage. C'est de là que se nichent la plupart des traitements d'avenir pour les maladies rares.

 

Serge Braun

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Comments

Cette chronique merite de faire le tour de la toile. Pourquoi je notifie ca? Car pour moi ce papier est tres bon.

Posted by: tarot de marseille | 10/12/2012

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